
La vue des autres
Quelle damnation
De s’apercevoir en regardant
La vie des autres
Que l’on n’a pas vécu
La convoitise attardée
Du bonheur des autres
Mais qu’avons-nous fait
Pendant qu’eux vivaient
Ou étions-nous ?
Jalousie du prisonnier de lui même
Qui voit les autres gambader
Mains dans la main
Mais comment font-ils les autres pour remplir leur vide
Morsure des actes ratés
Des moments manqués
Des projets suspendus
Brulure acide de la maladie de mercure
Mais qu’avons-nous fait ?
Pendant qu’ils s’embrassaient
Se reniflaient, s’extasiaient l’un de l’autre
Montaient dans des trains
Puis de avions
Puis d’autres trains
Les trains se sont succédé
Devant moi
Mais je n’en ais pris aucun
Je suis resté là, sur le quai
Bouche ouverte, immobile
A regarder les occasions partir
Les rencontres possibles se débinner
Et ma beauté s’évanouir dans l’indifférence générale
La vue des autres c’est ma pénitence
Fanny Shépér Avril 2009

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